CORRIGE COMPOSI-LION 2017



ON N’A PAS TOUS LES JOURS CENT ANS

 

Melvin Jones, âgé en 1913 de trente-huit ans, patron d’une compagnie d’assurances de Chicago, rejoint un groupe de commerçants et industriels soucieux de favoriser leurs intérêts financiers. Mais son esprit d’ouverture et son pouvoir de persuasion le poussent à réfléchir à d’autres tâches dans lesquelles s’impliqueraient ces décideurs : et s’ils mettaient aussi leur ambition, leur dynamisme et leur talent au service de la société afin de servir leur prochain ! Soutenu par nombre d’hommes d’affaires, il peut ainsi porter sur les fonts baptismaux, quatre ans plus tard, les bases d’une association nouvelle ayant pour devise « Nous servons », et qui existe aujourd’hui encore. Mieux, elle s’est développée, d’abord aux États-Unis, puis sur tous les continents. Quelle réussite pour ce philanthrope au charisme exceptionnel qui clamait, tel un héraut d’armes, que pour aller loin dans la vie il faut commencer par faire quelque chose pour quelqu’un d’autre ! Ce club international affiche d’innombrables réalisations, en particulier dans le domaine de la sauvegarde et de la restauration de la vue : aide aux malvoyants, lutte dans les pays en voie de développement contre les cécités curables et évitables, soutien aux écoles de chiens guides d’aveugles, bibliothèques sonores et groupes de donneurs de voix, centre du glaucome à Paris… On a parfois désigné ses membres, qui se sont donné tant de mal, comme les chevaliers des aveugles dans la croisade contre les ténèbres. C’est aujourd’hui la plus grande organisation humanitaire au monde avec ses quelque un million et demi de bénévoles, hommes et femmes, qui, quittant leurs chers pénates, se mettent au service des plus démunis, des petites gens, cabossés par la vie, sinistrés à la suite de catastrophes naturelles ou meurtris par des maladies qu’on a vaincues chez nous mais qui frappent toujours dans des contrées lointaines défavorisées. Le Téléthon, c’est encore eux, ainsi que la lutte contre d’autres affections (mais pas pour soigner les posthites). Ceux de Saint-Amand qui, par leurs multiples actions, apportent concours financier et soutien à un hôpital pédiatrique du Togo ; et localement aux personnes en difficulté, concourent, à leur niveau, à réaliser des missions conformes aux prescriptions de notre généreux fondateur. S’appuyant sur les valeurs qu’avait promues en son temps Melvin Jones (liberté, intelligence, sauvegarde de nos nations), et en reprenant les initiales anglaises, est né l’acronyme dont nous célébrons cette année un siècle d’existence : LIONS, sans apostropheincongrue, s’il vous plaît. Eh oui ! Le centenaire du Lions Clubs International valait bien une dictée. Et même, si l’on nous avait prévenus, chacun eût pu susurrer, ou reprendre en chœur : « On n’a pas tous les jours cent ans ».